Archive for the ‘Laboratoire de Neuroimagerie’ Tag

switzerland | migros magazine | le maître des illusions | internet: 26.07.2017 | magazine 31.07.2017 |   Leave a comment

Migros Magazine | © Jeremy Bierer

Migros Magazine 31.07.2017

| société | brain project | 31.07.2017

Pionnier suisse de l’Op Art, Youri Messen-Jaschin est un artiste original, à la vie fantasque mais au travail rigoureux. Ses œuvres intéressent les neurosciences du CHUV pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau.

 

 

Quand l’Op art rencontre les neurosciences   Leave a comment

Sous ses formes contemporaines, l’art optique a un peu plus de 50 ans. Parmi ses pionniers, Youri Messen-Jaschin a développé son Op Art à tel point qu’il se penche depuis quelques années sur les incidences des illusions d’optique sur le cerveau humain. En étroite collaboration avec le CHUV, son laboratoire de neuro-imagerie et plusieurs chercheurs, l’Op Art est parti pour fusionner avec la recherche scientifique.

En pénétrant au 9e étage de la Tour de Valmont où Youri Messen-Jaschin a à la fois son appartement, son atelier et sa galerie, l’amateur d’art passe en une fraction de seconde de la froide et aseptisée cage d’escaliers sur une autre planète, celle de l’univers cosmographique et protéiforme du propriétaire des lieux. Une caverne d’Ali Baba féérique où se côtoient à la fois les sources d’inspiration, les réalisations – nombreuses et diverses, il faut avoir l’œil ! –, des références aux projets précédents, et les nouvelles technologies de la communication contemporaine.

Outre les tableaux souvent monumentaux, on repère un flipper d’époque, le texte manuscrit sous verre de « Je t’aime moi non plus » de Gainsbourg, des affichettes de journaux, une bibliothèque chargée à craquer de vinyles, on rencontre une perceuse et des disques durs d’ordinateurs traînant  par-là en compagnie de boîtes de pinceaux, d’une imprimante, de haut-parleurs, d’une pile de polycopiés et même d’une authentique pompe à essence années 60… Avis aux amateurs d’intérieurs bien ordonnés : au cœur d’une telle jungle, le vertige, à tout le moins la désorientation sont garantis. Le capharnaüm de Youri Messen-Jaschin, kaléidoscopique et génial, est aussi multiple qu’imprévisible, pétri d’inspirations et d’idées créatives inimaginables avant d’y être allé, à des années lumières des processus de formatage qui commandent notre société.

Dans le salon d’autrefois transformé en galerie d’exposition, ses œuvres sont au coude à coude, tant la pièce en est saturée.  Des œuvres sur toile, sur bois, en sérigraphie, sur plexiglas ou sur verre, certaines incrustées de néons ou d’affichages alphanumériques, se reflétant dans un socle-miroir, avec ou sans éclairage,… Une table ancienne, un canapé et deux fauteuils décatis en sont réduits à la portion congrue. C’est là le cœur de l’Op Art visible de Youri, en 2 ou en 3 dimensions, où se vivent l’approche comme les découvertes de ce que les illusions d’optique sont en mesure de nous faire voir – jusqu’à découvrir la 4e dimension et, un jour peut-être, la 5e. Pour s’en faire une idée, une visite dans l’atelier de l’artiste s’impose *.

Après ses études artistiques à Paris de 1958 à 1962 – Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts et Ecole pratique des hautes études de la Sorbonne – Youri Messen-Jaschin s’est découvert une passion pour l’Op Art, alors qu’il séjournait à Göteborg, en 1967. Il y effectuait des recherches d’objets cinétiques textiles à l’Université de de la Högskolan för design & konsthantverk. A l’occasion d’une exposition au Musée d’Art Moderne, il rencontre Jesús-Rafael Soto, Carlos Cruz-Diez et Julio Le Parc, précurseurs dans ce domaine. Les perspectives de l’Op Art le fascinent d’emblée et Jesús-Rafael Soto lui fait part de ses expériences et conseils. Ses premières recherches eurent un important retentissement en Scandinavie.

On trouve les premières traces d’art cinétique, ou Op Art, dans les années 1910. Mais c’est à Zurich à partir des années 1960 que l’art cinétique prend véritablement son essor. Dans certaines œuvres, le mouvement est obtenu par un moteur, par le vent ou par le spectateur lui-même. Le principe de base de l’art cinétique repose sur les illusions d’optique. Parmi les plus célèbres, on connaît celle de la canne qui regarde à gauche, mais qui est en même temps un lapin qui regarde à droite, la cascade d’Escher, le triangle de Penrose, la grille d’Hermann ou encore le cube de Necker. Toutes ces illusions d’optique ne sont en fait que des « erreurs » d’interprétation qui s’expliquent de la façon suivante : l’œil (qui n’est en fait qu’un capteur) transmet des signaux au cerveau, lequel les réorganise (en commençant par les mettre à l’endroit, car normalement, comme l’œil est construit, on devrait voir « à l’envers » !), les complète et les ajuste. Il y a donc en permanence une certaine interprétation de la réalité brute par nos neurones.

Les artistes utilisent le contraste entre le noir et le blanc, mais aussi les moirages obtenus par la superposition décalée de réseaux (trames) ou de lignes noires et blanches, puis de lignes colorées. Ces effets, captés par l’œil puis interprétés par le cerveau qui nous en donne la perception, procurent l’illusion de percevoir un mouvement, une vibration, ou de voir apparaître des couleurs alors que l’œuvre n’est « qu’en » noir, gris et blanc.

Youri Messen-Jaschin n’a pas cessé de se passionner pour cette forme d’art et l’a développé à ce point qu’il produit aujourd’hui des œuvres étonnantes, pour ne pas dire stupéfiantes (sérigraphies, « sculptures » ou « installations »). Aujourd’hui, ses œuvres se trouvent dans de nombreux musées et collections aussi bien en Suisse qu’à l’étranger. Le principe de base est toujours le même : en jouant avec les formes et les couleurs, il produit ces fameuses illusions d’optique, soient-elles des mouvements, des vibrations ou des apparitions de couleurs. En poussant ses illusions d’optique toujours plus loin., Youri Messen-Jaschin a observé que certaines personnes étaient prises de vertige, d’autres étaient au bord de la nausée, alors que d’autres encore ne percevaient rien de spécial. Il s’est alors dit qu’il y avait certainement de quoi faire des recherches, pour comprendre la formation et le déroulement de ces perturbations, variables par ailleurs d’un individu à l’autre.

Il s’approche du laboratoire des neurosciences du CHUV, mais les portes restent invariablement closes. L’Op Art ne semble pas intéresser spontanément le corps médical. Après plusieurs tentatives dans le vaste monde du CHUV, Youri Messen-Jaschin finit par faire la connaissance de Bogdan Draganski, chercheur et directeur du laboratoire de neuro-imagerie. Il est tout de suite captivé par sa proposition et un comité de médecin appuie la démarche. C’est ainsi que le projet Brain Project est fondé en 2013, sous la forme d’une association sans but lucratif.

L’objectif de Brain Project ** est de comprendre comment le cerveau des personnes réagit lorsqu’elles sont confrontées à des œuvres d’Op Art, en recourant pour ce faire à l’imagerie par résonnance magnétique (IRM). On prend un candidat, on l’installe dans le tunnel de l’IRM, et là, il va voir défiler toute une série d’œuvres de Youri. Au moyen de boutons poussoirs, il pourra communiquer ses impressions aux chercheurs situés de l’autre côté de la vitre, au pupitre de commande de l’IRM. L’ « examen » est complété par une discussion et dure env. 90 minutes. Depuis son lancement, d’autres universités, notamment celle de Zurich, se sont associées au projet.

Chaque image, ou carte, produite par l’IRM est analysée. Associée au projet,  Sigita Venclove,  une chercheuse de l’Université de Vilnius (Lituanie), les décortique et les compare entre les différents candidats – ce qui demande autant de patience que de compétences. Actuellement, les recherches sont en cours mais laissent déjà entrevoir des découvertes exceptionnelles.

En utilisant les procédés du champ de la psychologie cognitive, les acteurs de Brain Project veulent étudier l’impact et les interactions entre l’Op Art et le cerveau humain. Leur but est ainsi de démontrer l’impact généré par une image spécifique à fort contraste visuel sur les réseaux vestibulaires, limbiques et cognitifs du spectateur.

Poussant le résonnement à l’extrême, Youri Messen-Jaschin se dit que, pourquoi pas, l’Op Art, s’il a de tels effets sur le cerveau, pourrait peut-être contribuer à soulager de certaines maladies, voire de les guérir. A suivre, les recherches scientifiques sont en cours. Elles devraient livrer leurs premiers résultats en 2018

from 2018 | study on people, with psychic discomforts | dès 2018 étude sur des personnes, avec des malaises psychique   1 comment

  • Our research will continue in 2018, this time we will reach people who have psychic discomfort, this research will be continued over 2 years.
  • The aim of this research is to treat people with psychic discomfort with Op art works.
  • Association Brain project is a non-profit organization

##

  • Notre recherche se poursuivra en 2018, cette fois nous toucherons les personnes qui ont des malaises psychiques, cette recherche sera poursuivie sur 2 ans.
  • Le but de cette recherche, c’est de soigner des personnes ayant des malaises psychiques avec des œuvres Op art.
  • Association Brain project, une organisation sans but lucratif.